L’attestation sur l’honneur de non-condamnation ou d’absence de sanction civile : enjeux, risques et bonnes pratiques pour les Chief Legal Officers en entreprise.
L'importance de l'attestation sur l'honneur de non-condamnation dans le milieu des affaires

Rôle de l’attestation sur l’honneur dans la conformité des dirigeants

Un pilier de la conformité pour les dirigeants d’entreprise

L’attestation sur l’honneur de non-condamnation occupe une place centrale dans les formalités de création d’entreprise et d’immatriculation au registre des sociétés. Ce document, exigé lors de la constitution d’une société ou pour l’exercice d’une activité commerciale, engage la responsabilité du dirigeant ou de l’auto-entrepreneur. Il s’agit d’une déclaration sur l’honneur, par laquelle la personne atteste ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation pénale ou civile de nature à interdire la gestion, l’administration ou la direction d’une entreprise.

Cette exigence vise à garantir la probité des personnes physiques ou morales qui souhaitent exercer une activité sous la forme d’une société, d’une micro-entreprise ou d’une autre structure. La déclaration honneur condamnation permet ainsi de filtrer les candidats à la direction, en s’assurant qu’aucune condamnation, notamment pour des faits incompatibles avec la gestion d’une entreprise, ne pèse sur eux. Elle concerne aussi bien la filiation du dirigeant que la nature de l’objet de la condamnation.

  • Elle s’applique à toute personne devant figurer au registre des sociétés, qu’il s’agisse d’un entrepreneur individuel, d’un gérant de société ou d’un représentant légal d’une personne morale.
  • Le modèle de déclaration varie selon le statut juridique, mais doit toujours comporter des informations précises sur l’identité, la filiation et l’absence de condamnation interdisant l’exercice de l’activité.
  • La production de cette attestation est une étape incontournable lors de la création entreprise, mais aussi lors de certains changements affectant la société (modification de l’objet social, changement de dirigeant, etc.).

En cas de fausse déclaration, les conséquences peuvent être lourdes, tant sur le plan civil que pénal. La vigilance s’impose donc lors de la collecte et de la vérification de ces documents, qui doivent être intégrés dans les procédures internes de conformité. Pour aller plus loin sur la gestion juridique d’entreprise et la place du comité de direction dans la gouvernance, consultez cet article sur le rôle du comité de direction.

Risques juridiques liés à une fausse déclaration

Conséquences d’une fausse déclaration sur l’honneur

La déclaration sur l’honneur de non-condamnation est un document clé lors de la création d’entreprise ou de l’immatriculation au registre des sociétés. Elle engage la responsabilité de la personne qui la signe, qu’il s’agisse d’un entrepreneur individuel, d’un auto-entrepreneur ou d’un dirigeant de société. Toute fausse déclaration, volontaire ou non, expose à des risques juridiques majeurs.
  • Sanctions civiles et pénales : Une fausse attestation peut entraîner la nullité de la création d’entreprise ou de l’inscription au registre des sociétés. Sur le plan pénal, la personne concernée risque des poursuites pour faux et usage de faux, ce qui peut aboutir à une condamnation pénale, voire à une interdiction de gérer ou de diriger une activité commerciale.
  • Impact sur la société : Une déclaration mensongère peut remettre en cause la validité des formalités d’immatriculation et fragiliser la gouvernance de la société. La responsabilité de la personne morale peut également être engagée, notamment si la condamnation concerne la filiation ou la nature de l’objet de la condamnation.
  • Obligation d’information : Les informations portées sur l’attestation doivent être exactes et complètes. Toute omission ou inexactitude, même sur un modèle de déclaration, peut être considérée comme une faute grave.

Risques pour l’activité et la réputation

La découverte d’une fausse déclaration honneur condamnation peut avoir des conséquences immédiates sur l’activité commerciale de l’entreprise. L’annulation de l’immatriculation ou la radiation du registre des sociétés sont des risques réels. De plus, la réputation de l’entreprise et de ses dirigeants peut être durablement entachée, ce qui complique la gestion des relations avec les partenaires, les clients et les autorités de contrôle. Pour approfondir l’impact de la gestion juridique sur la gouvernance d’entreprise, il est pertinent de consulter cet article sur le rôle du comité de direction.

Prévenir les risques : bonnes pratiques

La mise en place de procédures internes rigoureuses pour la collecte et la vérification des attestations honneur condamnation est essentielle. Cela passe par la sensibilisation des personnes concernées, la vérification du casier judiciaire et l’utilisation d’un modèle de déclaration conforme au code en vigueur. La traçabilité des documents et la conservation des informations relatives à la condamnation, à la filiation ou à la nature interdire d’exercer une activité sont des éléments clés pour limiter les risques de sanction civile ou pénale.

Procédures internes pour la collecte et la vérification des attestations

Organisation et fiabilité des processus internes

Pour garantir la conformité lors de la création d’entreprise ou lors de l’immatriculation au registre des sociétés, il est essentiel de mettre en place des procédures internes rigoureuses pour la collecte et la vérification des attestations sur l’honneur de non-condamnation. Ce document, exigé pour toute personne physique ou morale souhaitant exercer une activité commerciale ou devenir dirigeant, doit contenir des informations précises sur la filiation, la nature des condamnations éventuelles et l’absence d’interdiction de gérer.
  • Centralisation des documents : L’entreprise doit désigner un responsable chargé de collecter chaque attestation honneur condamnation. Cette centralisation permet d’éviter les oublis et de garantir la traçabilité des formalités.
  • Vérification systématique : Il est recommandé de comparer la déclaration honneur avec le casier judiciaire du déclarant. En cas de doute sur la nature ou l’objet d’une condamnation, une analyse approfondie s’impose afin d’éviter toute sanction civile ou pénale pour fausse déclaration.
  • Utilisation d’un modèle : Proposer un modèle declaration conforme au code de commerce facilite la collecte d’informations essentielles et limite les erreurs. Ce modèle doit rappeler les conséquences juridiques d’une fausse déclaration condamnation.
  • Archivage sécurisé : Les attestations doivent être conservées dans un dossier dédié, accessible uniquement aux personnes habilitées, pour répondre à toute demande des autorités ou du registre societes.
La gestion de ces documents s’applique à tous les statuts : micro entreprise, auto entrepreneur, société commerciale ou civile nature. Une attention particulière doit être portée aux cas de condamnation filiation ou de réhabilitation, qui nécessitent une analyse personnalisée. Pour renforcer la sécurité juridique, il est pertinent d’intégrer ces procédures dans un plan de prévention adapté aux enjeux juridiques de l’entreprise. Vous trouverez un guide détaillé sur l’élaboration d’un tel plan dans cet article dédié à la prévention des risques juridiques en entreprise.

Gestion des cas complexes : antécédents et réhabilitation

Antécédents judiciaires et réhabilitation : gestion des situations sensibles

Dans le contexte de la création d’entreprise ou de l’immatriculation d’une société au registre des sociétés, la déclaration sur l’honneur de non-condamnation est un document clé. Cependant, il arrive que certains dirigeants ou associés aient des antécédents judiciaires, qu’il s’agisse d’une condamnation pénale ou d’une sanction civile de nature à interdire l’exercice d’une activité commerciale. La gestion de ces cas complexes nécessite une attention particulière pour garantir la conformité de l’entreprise et la fiabilité des informations transmises. La déclaration d’honneur condamnation doit être précise et sincère. Toute fausse déclaration expose la personne morale ou l’auto-entrepreneur à des risques juridiques importants, notamment en cas de contrôle du registre des sociétés. Il est donc essentiel de bien comprendre l’objet de la condamnation et la nature de l’interdiction éventuelle. Par exemple, certaines condamnations, selon le code en vigueur, peuvent entraîner une interdiction temporaire ou définitive de gérer une entreprise ou d’exercer une activité commerciale. Pour les personnes ayant bénéficié d’une réhabilitation, il est important de pouvoir justifier de la levée des interdictions. Le casier judiciaire doit alors être mis à jour et la déclaration sur l’honneur adaptée en conséquence. Un modèle de déclaration peut prévoir une mention spécifique en cas de condamnation ancienne, précisant la situation actuelle et la réhabilitation obtenue. Cela permet de sécuriser les formalités de création d’entreprise et d’éviter toute ambiguïté lors de l’immatriculation.
  • Vérifier systématiquement le casier judiciaire avant toute déclaration sur l’honneur
  • Adapter le modèle de déclaration en fonction de la situation (condamnation, réhabilitation, filiation avec une personne condamnée, etc.)
  • Conserver tous les documents justificatifs relatifs à la condamnation et à la réhabilitation
  • Informer les organes de gouvernance de la société en cas de situation complexe pour anticiper les risques
La gestion proactive de ces situations protège l’entreprise et ses dirigeants contre toute sanction civile ou pénale liée à une déclaration condamnation inexacte. Elle participe également à la transparence et à la crédibilité de la gouvernance, éléments essentiels pour la confiance des partenaires et des autorités de contrôle.

Intégration de l’attestation dans la politique de gouvernance

Intégrer l’attestation dans la gouvernance : une démarche structurante

L’attestation sur l’honneur de non-condamnation n’est pas qu’une simple formalité administrative lors de la création d’entreprise ou de l’immatriculation au registre des sociétés. Elle s’inscrit au cœur de la politique de gouvernance de toute société, quelle que soit sa forme (personne morale, micro entreprise, auto entrepreneur, etc.). Pour garantir la conformité et la transparence, il est essentiel d’intégrer la déclaration sur l’honneur dans les procédures internes. Cela implique de :
  • Définir un modèle d’attestation adapté à l’activité commerciale et à la nature de la société
  • Centraliser la collecte des documents relatifs à la condamnation, à la filiation et à l’objet de la condamnation éventuelle
  • Mettre à jour régulièrement les informations concernant chaque entrepreneur ou dirigeant, notamment lors de changements d’activité ou de modification du code APE
  • Vérifier la cohérence entre la déclaration sur l’honneur et les extraits du casier judiciaire
L’intégration de l’attestation dans la politique de gouvernance permet aussi de prévenir les risques de sanction civile ou pénale en cas de fausse déclaration. Les entreprises doivent donc former leurs équipes juridiques à la gestion de ce document, à la vérification de la nature des condamnations et à l’analyse des situations complexes (réhabilitation, condamnation filiation, etc.). Enfin, la traçabilité des formalités liées à l’attestation honneur condamnation doit être assurée, notamment lors de la création entreprise ou lors de la déclaration d’une nouvelle activité. Cela renforce la crédibilité de la société auprès des partenaires, des investisseurs et des autorités de contrôle. L’adoption de ces bonnes pratiques contribue à instaurer une culture de conformité et de responsabilité, essentielle pour la pérennité et la réputation de l’entreprise.

Veille réglementaire et adaptation aux évolutions légales

Adapter la conformité aux évolutions du cadre légal

La réglementation entourant l’attestation sur l’honneur de non-condamnation évolue régulièrement, notamment en ce qui concerne la création d’entreprise, l’immatriculation au registre des sociétés ou encore les obligations des personnes morales et des auto-entrepreneurs. Pour les directions juridiques, il est essentiel de mettre en place une veille réglementaire active afin d’anticiper les modifications du code du commerce ou du code pénal qui pourraient impacter la déclaration sur l’honneur. La nature des condamnations à déclarer, qu’il s’agisse d’une condamnation pénale ou civile, ou encore la prise en compte de la filiation et des antécédents judiciaires, peut être précisée ou élargie par de nouveaux textes. Cela implique une adaptation rapide des modèles d’attestation, des procédures internes et des informations à collecter auprès des dirigeants ou associés lors de la création d’une société ou du renouvellement d’une activité commerciale.

Bonnes pratiques pour anticiper les changements

  • Suivre les publications officielles et les mises à jour du registre des sociétés pour identifier les nouvelles formalités ou exigences en matière d’attestation honneur condamnation.
  • Mettre à jour régulièrement les modèles de déclaration honneur et d’attestation condamnation pour garantir leur conformité avec la législation en vigueur.
  • Former les équipes juridiques et administratives à la détection des évolutions concernant la déclaration condamnation et la gestion du casier judiciaire.
  • Documenter les procédures d’adaptation, notamment pour les micro-entreprises ou les entrepreneurs individuels, qui peuvent être soumis à des règles spécifiques selon la nature de leur activité.
La capacité d’une entreprise à intégrer rapidement ces évolutions dans ses formalités internes renforce la crédibilité de sa gouvernance et limite le risque de sanction civile ou administrative liée à une déclaration inexacte. La veille réglementaire devient ainsi un levier stratégique pour sécuriser la conformité des dirigeants et la fiabilité des documents transmis lors de la création entreprise ou de toute modification d’activité.
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